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A&B Infos 205 | Avril 2021 matériel Equipement - Les Mirrorcams testés sur les bus d'IDFM Bientôt généralisés ? Une dizaine de conducteurs du dépôt Transdev-Setra de Brie-Comte-Robert évaluent actuellement le remplacement des rétroviseurs par des caméras, communément appelées « Mirrorcams ». S'ils confirment que cette évolution technique est favorable à la sécurité, IDFM adoptera ce dispositif. Fin février, 5 bus Iveco Urbanway GNV équipés de Mirrorcams (caméras + écrans) ont été livrés au dépôt Transdev-Setra de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne). Sur les lignes des réseaux Arlequin et Mobilienen, ils roulent tôt le matin et tard le soir. On apprécie ainsi le comportement des Mirorcams dans l'obscurité ou lorsque la lumière rasante du soleil risque de les aveugler (voir également encadré). La présidente d'IDFM - et de la région Ile-de-France - , Valérie Pécresse, explique ce choix : « Nous voulons éviter des accidents, notamment ceux liés à la cohabitation entre bus et vélos. Cela devient un enjeu majeur car les bandes cyclables sont fréquemment accolées aux voies des bus. C'est pourquoi nous voulons élargir le champ de vision du conducteur et éliminer ses angles morts ». La vidéo est déjà présente à bord des bus IDFM avec une vidéo-protection généralisée (montée en retrofit si nécessaire) et des caméras de recul. Les Mirrorcams s'apprêtent à y ajouter leur lot de caméras et d'écrans. Accueil enthousiaste A propos de l'arrivée de nouveaux écrans dans l'environnement de conduite, Alaina Mokamanédé, directrice d'exploitation de Transdev-Setra à Brie-Comte-Robert, commente : « Les conducteurs sont très satisfaits des caméras car elles leur apportent une meilleure vision pendant la conduite. Elles éliminent plusieurs angles morts particulièrement pénalisants aux points d'arrêt à fortes charges, en particulier aux gares routières et à proximité des établissements scolaires. En cas d'intempéries, les conducteurs estiment que la vision est meilleure, plus nette, qu'avec des rétroviseurs traditionnels ». Elle ajoute : « Nous sommes très favorables à la généralisation du système qui a été très bien accueilli par le personnel de conduite et par l'exploitation. L'accostage se fait plus facilement et on élimine les risques de casse des rétroviseurs contre les branches ». Notons que les conducteurs ont été choisis parmi des profils différents afin de recueillir auprès d'eux un retour d'expérience représentatif. Sécurité et modernisation des bus La présidente d'IDFM confirme son intention de généraliser les Mirrorcams si le bilan qu'en fera Transdev-Setra est positif. 3 ou 4 mois d'expérimentation sont nécessaires avant d'en tirer une conclusion pertinente. Laurent Probst, directeur général d'IDFM, souligne pour sa part l'indisponibilité du véhicule si le système tombe en panne. Il souhaite donc que sa fiabilité soit confirmée par l'essai en flotte. Jugés très agréables par les conducteurs, les Mirrorcams et leurs écrans doivent être disposés avec soin. Le décalage de l'écran droit vers le milieu du pare-brise évite le masquage de son image par un passager qui se placerait à l'avant du véhicule. Avec des rétroviseurs traditionnels, le miroir extérieur droit peut, lui, être masqué aux yeux du chauffeur par un passager. Acquise par IdFM, l'option Mirrorcams coûte environ 10 000 ? par véhicule. Loïc FIEUX photos Fieux Bien, mais encore perfectible C'est dans les situations extrêmes que les Mirrorcams atteignent leurs limites. En France, les bus électriques ie tram d'Irizar ont été les premiers équipés de Mirrorcams en 2018. L'année suivante à Busworld, plusieurs constructeurs, dont MAN et Neoplan ont exposé cet équipement sur certains modèles. Sur autoroute, il réduit quelque peu la consommation des cars SLO(1). En ville, ses avantages sont liés à la sécurité. Mais des améliorations techniques sont nécessaires... Un soleil estival peut en effet créer une ombre à l'intérieur du virage, par exemple lors d'un franchissement de rond-point. Dans ce cas, la différence de luminosité entre la zone « au soleil » et la zone d'ombre captées par la caméra provoque un affichage totalement noir sur la zone d'ombre. Ce problème a été constaté à bord d'un MAN Lion's Coach lors d'un essai en septembre 2019. A l'exception de la voiture Honda e, aucun véhicule actuel ne dispose d'un tableau de bord conçu pour une intégration optimale des écrans de rétrovision. Tels qu'ils sont actuellement intégrés aux postes de conduite, les écrans des Mirrorcams élargissent les angles morts créés par les montants du pare-brise. 1) Services réguliers interurbains de transport public routier de personnes librement organisés (Flixbus...). Valérie Pécresse, présidente d'IdFM et de la région Ile-de-France, souligne les travaux en cours avec les opérateurs, dont Transdev, pour moderniser les bus. Elle est ici à bord de l'un des 5 Iveco Bus Urbanway équipés de Mirrorcams lors de sa présentation au dépôt de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). L'environnement de conduite n'ayant pas été conçu pour les écrans des Mirrorcams, l'écran élargit l'angle mort déjà formé par le montant qui supporte le pare-brise. Les Mirrorcams sont moins exposés aux chocs avec des obstacles (végétation, signalisation, etc.) que les rétroviseurs traditionnels, mais leur déport limité n'est pas sans contrainte. Il rend difficile l'observation du pont arrière dont la position est déterminante pour des manœuvres précises. Cette limite est compensée par des repères colorés affichés sur les images des Mirrorcams. Côté droit, l'écran est décalé vers le centre du pare-brise afin d'éviter son masquage par un passager qui se tiendrait debout à l'avant du bus.