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A&B Infos 205 | Avril 2021 profession Dossier - Bilan des formations voyageurs Recherche conducteurs L'année 2020, marquée par la crise sanitaire, n'a pas totalement freiné les formations ni les embauches de conducteurs dans le transport routier de voyageurs, scolaires et lignes notamment. L'an passé, les conducteurs lignes et scolaires ont pleinement participé au maintien de l'activité économique du pays. Le transport routier de voyageurs a été en partie affecté, mais surtout côté tourisme et groupes (occasionnel, voyages scolaires, clubs du troisième âge...). Malgré cette situation, quelques transporteurs privés ont organisé des campagnes de recrutement. Etat des lieux Selon l'enquête Besoins en main-d'œuvre (BMO), réalisée annuellement par Pôle emploi avec le concours du Crédoc, 4 régions éprouvent de grosses difficultés à recruter des « conducteurs de transport en commun sur route » : la région Auvergne-Rhône-Alpes, l'Île-de-France, les Pays de la Loire et le Grand Est. La Nouvelle-Aquitaine et les Hauts-de-France recherchent aussi des conducteurs. D'où l'importance pour tous ceux qui veulent conduire un bus ou un car d'opter pour une formation longue (type Titre pro). D'une durée de 434 heures (399 heures + 35 heures de session de validation), cette formation prépare mieux les candidats au métier de conduite. Pour les jeunes, il est conseillé de suivre la formation CAP Agent d'accueil et de conduite routière transport de voyageurs en 1 an, en alternance... Il faut être titulaire du permis de conduire catégorie B et titulaire d'un BEP ou CAP au minimum. Selon Michel Chalot et Bruno Lefebvre, respectivement président et vice-président de l'OPTL*, les estimations de l'emploi dans la branche (tous secteurs confondus) baisseraient de 0,5 % en 2020. Les effectifs totaliseraient 740 821 personnes par rapport à 744 357 en 2019. Notons qu'en 2019, il y avait 101 848 salariés en voyageurs (dont 84 % des conducteurs), travaillant en ligne régulière (46 %) et scolaire (41 %). Pour info, 8 % sont en tourisme. On dénombre 25 % de conductrices en TRV. Nombre de formations Difficile également de se faire une idée précise du nombre de personnes ayant été formées, surtout que 2020 n'a pas été une année « normale ». Si l'on prend 2019, l'année de référence du rapport de l'OPTL, dans la branche, le bilan en TRV est le suivant : Sur 39 541 Titres Pro délivrés (tous secteurs), 6 779 étaient en conduite de transport en commun sur route et 293 en transport routier interurbain de voyageurs. Il y a eu 58 diplômés en CAP Agent d'accueil et de conduite routière « Transport de voyageurs ». Du côté des Fimo/FCO voyageurs, il y a eu 3 155 reçus en Fimo et 21 168 en FCO. A noter 1 507 passerelles. Enfin, 44 633 formations d'accès au métier de conducteur routier ont été cofinancées en 2019 par l'AFT, dont 8 252 Titres Pro voyageurs et 2 212 Fimo TRV. Les perspectives d'une reprise en 2021 restent incertaines car toutes les activités voyageurs ne tournent pas à « 100 % ». L'OPTL entend suivre de près l'évolution du marché du travail et des besoins en compétences dans le transport et la logistique. François GILBERT Photos Gilbert et X D.R. *Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique Premier car-école au gaz Iveco Bus L'Aftral vient de prendre livraison du premier Crossway gaz double commande chez SPL Cars et Bus. Début mars, SPL Cars et Bus, distributeur et réparateur agréé Iveco Bus, a livré à l'Aftral le tout premier car-école au gaz naturel en France. La remise des clefs s'est déroulée à SPL Paris (Mitry-Mory). Etaient présents Bertrand Coquidé, président de SPL Cars et Bus et Loïc Charbonnier, président délégué général d'Aftral. L'Iveco Bus Crossway LE de 12 m GNV (méthane) a été homologué « véhicule Ecole », une première, du fait qu'il n'existe aucun autre car-école de ce type. Il est propulsé par le moteur Cursor 9 GNV d'une puissance de 360 ch couplé avec une boîte automatique Voith. Il est doté d'une rampe électrique permettant l'accès médian d'un fauteuil roulant, de l'air conditionné et des dernières technologies en terme de sécurité. On recherche des formateurs et formatrices La crise sanitaire ne freine pas les projets d'Aftral et de Promotrans. Les deux principaux organismes de formation recherchent des formateurs, hommes et femmes... Une campagne de recrutement vient d'être lancée par l'Aftral et Promotrans auprès de « conducteurs routiers de marchandises ou de voyageurs » visant à « donner un nouvel élan » à une carrière précise Promotrans sur son site Internet. Pour sa part, Aftral recherche 200 formateurs en conduite notamment. Ils seront d'abord formés pour gérer un groupe et animer des actions de formation. De gauche à droite : Bertrand Coquidé, président de SPL Cars et Bus et Loïc Charbonnier, président délégué général d'Aftral. Peter Guillon, directeur délégué général de Promotrans et Pierre de Surône, directeur exécutif du groupe Pendant la crise sanitaire, le groupe Promotrans a dû s'adapter pour faire face à la demande. L'année dernière, Promotrans a pris les mesures qui s'imposent. Peter Guillon, directeur délégué général du groupe : « Pour respecter les arrêtés pour les activités de formations continues et assurer la continuité pédagogique pour les formations initiales (CFA et Ecoles), il a fallu mettre en place des outils permettant à nos candidats de suivre les programmes à distance. Je dois dire que les formateurs se sont très bien adaptés ». Pierre de Surône, directeur exécutif, cite parmi les nouveautés l'instauration de deux créneaux horaires, des parcours optimisés, les « rattrapages » courant 2020 des permis PL et des Titres pro qui se sont maintenus (l'organisme a pu former 40 000 personnes au total contre 50 000 en moyenne dans une année normale). Forte demande On observe qu'en 2021 « les formations en conduite sont en forte demande, souligne-t-il. On recherche des candidats en maintenance et aussi en exploitation. On fait aussi face à une croissance des CPF (compte personnel de formation) ». Les formations de conduite vont de plus en plus intégrer non seulement l'écoconduite, mais aussi « des exercices via une plateforme en ligne maison », précise Peter Guillon. Celle-ci offre 380 modules et des ateliers qui servent à la mise en situation, que ce soit par le digital ou des simulateurs Ediser. Rappelons que le groupe s'appuie sur une flotte de 250 véhicules et de simulateurs PL. Il emploie 850 collaborateurs et dispose de 40 centres. Une nouveauté cette année, Promotrans a lancé son site Internet... Animé, illustré et très complet, il présente non seulement l'ensemble des formations par métier (pour les jeunes et les adultes) mais aussi diverses autres possibilités telles que l'e-learning, les sites et campus et les solutions de financement via le CPF. - FG Le nouveau site Internet de Promotrans permet de trouver rapidement une formation par métier et d'autres renseignements pratiques (www.promotrans.fr). De la grande distribution à l'autocar Danielle Virant, en Titre pro voyageurs chez Promotrans, a décidé de devenir conductrice d'autocar de tourisme. Elle a déjà passé une étape fondamentale : son permis D. Danielle Virant a travaillé pendant quinze ans dans la grande distribution. Elle a décidé de « changer de voie ». Motivée et déterminée, elle est ravie de suivre une formation Titre pro voyageurs au centre Promotrans de Meaux, près de de chez elle : « Retourner sur les bancs d'une école m'a évidemment fait tout drôle. Ça faisait bien trente ans que je n'avais pas repassé le code et que de modifications : les panneaux de signalisation, surtout... Lorsque je suis au volant du car-école, j'ai le réflexe de les lire, en voiture, ça passe si vite... ». Sur piste, la toute première fois au volant, Danielle a été surprise des dimensions du véhicule : « C'est très impressionnant. Le gabarit, les porte-à-faux, la hauteur aussi, on doit prendre conscience de tout ça et lors de mes premières manœuvres je m'en suis vite aperçue ». Le passage au simulateur ne l'a pas du tout convaincue : « Je trouve que l'on est assez loin de la réalité, ça fait jeu vidéo. Sans doute plus tard, pour le perfectionnement, je ne dis pas... ». La formation a été une réussite jusqu'ici, selon elle, grâce au formateur, le groupe étant composé de 14 candidats : « A la différence de l'école de mon enfance, le formateur de Promotrans conseille, vous aide, vous soutiens tout le temps, et c'est ce qui va permettre de réussir la formation selon moi... Apprendre des fiches et mémoriser n'ont jamais été un problème pour moi » dit-elle un Bac pro vente en poche. Quant au stage, la chose a été simple : « Je suis allée chez Darche Gros, ils sont à 900 m de chez moi ! Je crois qu'ils étaient intéressés, ils ont signé le lendemain ! ». Le stage se déroulera en plusieurs étapes : observation, découverte de l'entreprise, conduite sur une ligne régulière avec un conducteur de l'entreprise, puis, plus tard, elle espère une embauche, à la toute fin, en mai : « Mon rêve est de devenir conductrice de car de grand tourisme. Je veux voyager, j'adore le contact avec le public, ce qui était le cas avec mon métier précédent. Je sais aussi qu'il faudra beaucoup de disponibilité ». Elle se dit « prête » à faire un nouveau métier. Danielle Virant est une optimiste : « Les voyages en autocar reprendront après toute cette période de crise sanitaire, j'en suis absolument certaine, les gens vont vouloir partir, découvrir d'autres horizons, et j'espère être avec eux, moi au volant du car ». Propos recueillis par FG Loïc Charbonnier, président délégué général d'Aftral Malgré la crise sanitaire, le principal organisme de formation du transport routier n'a pas fléchi, mais au contraire, a été « réactif », estime Loïc Charbonnier, président délégué général chez Aftral, qui manage 2 500 salariés dont près de 1 400 formateurs... Aftral a formé l'an passé 228 000 personnes soit 5 % de plus qu'en 2019. Selon Loïc Charbonnier, président délégué général d'Aftral, « nous avons observé une continuité dans les formations, car les besoins de recrutement des entreprises de transport (surtout en marchandises), n'ont pas ralenti. Bien sûr, le premier confinement a mis tout le monde en pause, mais par la suite, il a fallu redémarrer et reprogrammer les formations... ». A ce jour, aux 120 centres de formation continue à travers le territoire s'ajoutent 85 centres spécialisés dans la formation des apprentis (CFA Transport-Logistique) entre autres. Ils sont actuellement en pleine activité... Les obligations réglementaires ont forcé l'Aftral à avoir un certain nombre de cours en centre. Les résultats aux examens ont été « encourageants », selon le haut responsable, qui affirme que le taux de réussite aux examens est passé de 86 à 91 %. Cette crise a conduit l'Aftral à réfléchir sur une nouvelle stratégie de formation via de nouveaux outils (''Zoom Room'' avec caméras et écrans tactiles). L'Aftral surfe également sur les demandes de candidats adultes souhaitant bénéicier de leur CPF (compte personnel de formation) : le CPF aide à financer la Fimo, le permis, la FCO... Et bien d'autres encore ! Outre un parc de 424 porteurs et de 130 tracteurs, l'Aftral dispose de 170 autocars. Age moyen : 7,5 ans. L'organisme amorce aussi son virage dans les nouvelles énergies (voir p. 23). Par ailleurs, il poursuit le développement de ses outils d'éco-conduite basés sur un nouveau programme, et intégrés à la FCO. Des initiatives prises à la suite de la Convention citoyenne pour le climat. - FG Ils veulent devenir conducteur de bus Laureen Ferreira Balesteiro et Riccardo Memed, deux stagiaires en Titre Pro voyageurs au centre Aftral de Savigny-le-Temple, ont choisi de travailler à la RATP. Au centre de Savigny-le- Temple, peu de temps après la pause du matin, les cours ont repris. En Titre Pro, un groupe est en salle, l'autre s'apprête à prendre le volant d'un autocar doté de double commande... Et pourtant, Laureen Ferreira Balesteiro et Riccardo Memed, deux stagiaires ayant été sélectionnés par la RATP pour devenir de futurs conducteurs, s'orientent pour conduire un bus. Tous deux sont ravis : « Le permis D, j'en rêve depuis longtemps, parce que j'aime conduire surtout, et j'ai été séduite par la campagne de recrutement de femmes de la RATP qui cherche plus de conductrices ». Détentrice d'un Bac ST SS (Sciences et techniques sanitaires et sociales), Laureen a bifurqué vers le graphisme en signalétique. Elle ne regrette pas son nouveau choix et une nouvelle carrière qui se profile, la conduite d'un bus sur une des lignes de la régie de la capitale : « On fait de l'alternance, et depuis le début du Titre Pro, à la mi-février, nous avons déjà découvert l'univers de la RATP avec son centre d'entretien ». Pour le moment, elle révise et apprend ses fiches afin de passer son permis D. Puis la Fimo. A 28 ans, Riccardo Memed a déjà un CV conséquent, après avoir obtenu son Bac en comptabilité : serveur, personnel d'hôtellerie, chauffeur de VTC... Pour lui, il est temps « de passer à autre chose » et c'est grâce à des personnes dans sa famille : « Oui, j'ai fait le bon choix, on m'en a parlé, j'ai été convaincu. Par rapport à d'autres candidats, c'est vrai, j'ai un parcours atypique, j'ai travaillé longtemps, et je connais le marché du travail. Maintenant, j'ai envie de conduire un véhicule comme un car ou un bus. Je suis très content d'apprendre sur un car, je pense que ça me donnera un ?'plus'', plusieurs réseaux en Ile-de-France ayant des autocars et pas que des autobus ». Tout l'intéresse : le type de matériel bien évidemment, la mécanique, et il a très hâte de travailler. A Savigny-le-Temple, les formateurs se « donnent à fond », une garantie pour réussir... Laureen et Riccardo devront encore patienter jusqu'en août, la fin du Titre pro, et ils devront aussi passer par « l'école de la RATP » avant de conduire en double puis être seul au volant... Propos recueillis par FG Laureen Ferreira Balesteiro est passionnée de conduite. Elle entend obtenir son permis D. Après une première expérience comme chauffeur VTC, Riccardo Memed a choisi de devenir conducteur de bus.