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A&B Infos 204 | Mars 2021rétroRécit - Liaisons par autocar dans les Alpes - Les débutsDes lignes périlleusesEn 1909, le premier car alpin Berliet. L?aide-conducteur, accroupi sur le marchepied, doit, en cas de panne dans une côte, placer une cale pour éviter la dérive du véhicule, le freinage étant seulement efficace en marche avant.L'ouverture, le 1er juillet 1911, du service automobile de la route des Alpes marque une des grandes dates de l'histoire du transport routier. En effet, pour la première fois, un service régulier de transport en commun va fonctionner sur une longue distance, alors qu'auparavant, l'autobus n'assure que des services urbains ou des liaisons de voisinage.Le service automobile de la route des Alpes reliant Evian à Nice, c'est-à-dire le Lac Léman à la Méditerranée, en 5 ou 6 étapes d'une journée, se veut essentiellement touristique, puisqu'il n'hésite pas à emprunter un dur parcours de montagne, franchissant 6 cols alpins d'une altitude supérieure à 2 000 m (Mont-Cenis, Galibier, Lautaret, Izoard, Vars et Allos). Il est créé à l'initiative de la compagnie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) qui avant la création de la SNCF, exploitait le réseau des voies ferrées desservant le Sud-Est de la France.La compagnie confie l'exploitation à 2 sociétés concessionnaires : la Société niçoise de transports automobiles pour la partie sud (Nice-Barcelonnette-Briançon-La Grave-Saint-Jean-de-Maurienne) et la Société des services automobiles des Alpes françaises pour la partie nord (Albertville-Chamonix-Thonon-Evian), le parcours entre Saint-Jean-de-Maurienne et Albertville étant, au début, accompli en chemin de fer. Par la suite, de nouveaux concessionnaires interviendront, en particulier les établissements Repellin et Traffort de Grenoble, la société Atam de Nice et l'entreprise Martin de Voiron.Matériel adaptéDès l'été 1908, la compagnie PLM organise des essais afin de définir le matériel le mieux adapté au trafic envisagé. Son choix se porte sur des Berliet carrossés en voiture découvertes munies d'une capote de toile déployée en cas de pluie. Ces véhicules comportent quatre rangs de banquettes à 3 ou 4 places disposés en gradins afin que chaque passager puisse profiter pleinement du paysage.A l'arrière existe un vaste caisson destiné à accueillir les bagages. Les roues sont équipées de bandage en caoutchouc plein Bergougnan et le volant de direction est à droite pour permettre au conducteur de serrer au plus près sur les étroites corniches de montagne.La présentation de ce matériel est particulièrement soignée avec une caisse peinte en gris, capote et roues rouges. Les frises sont également rouges avec l'inscription en lettres dorées « Route des Alpes Correspondance PLM ». A l'avant, les voitures portent un fanion rouge avec, en blanc, les lettres PLM suivies d'une étoile blanche. La qualité du service est rehaussée par l'impeccable tenue des conducteurs avec casquette et blouse kaki, dite « cache-poussière »...Rassurer les voyageursDéjà peu familiarisé avec un mode de locomotion encore balbutiant, le public peut légitimement considérer comme une aventure risquée l'escalade de cols alpins empruntant des routes étroites, ravinées, avec des passages souvent vertigineux et des virages serrés nécessitant parfois quelques manœuvres délicates. On insiste donc, dans l'abondante et luxueuse publicité qui accompagne le lancement de la ligne, sur les mesures prises pour assurer la sécurité des voyageurs : « Conducteurs ayant déjà fait des essais sur les routes qu'ils doivent parcourir ; soumis à un examen médical des plus sévères : tous ceux dont les organes, et principalement le cœur, dénotent un signe quelconque de faiblesse étant éliminés, voitures dotées de freins très puissants permettant d'obtenir l'arrêt presque instantanément ; antidérapants spéciaux assurant l'adhérence sur tous les terrains ».De plus, et pour accentuer encore le sérieux de l'entreprise, on ne manque pas de préciser que « les appareils Tel de la maison Zivy enregistrent la marche des véhicules, signalent les arrêts non prévus et révèlent aux contrôleurs les excès de vitesse qu'auraient pu commettre les conducteurs, excès de vitesse immédiatement réprimés par des amendes et même par le renvoi ».Lucien CHANUCPhotos X D.R.Autocars Cottin-Desgouttes (1929). Le premier avec paravents et volets de côté, le deuxième avec carrosserie à pavillon découvrable dite « aquarium ».En 1911, des cars au départ de la gare de Thônes en Haute-Savoie.1918 : des cars alpins sont réquisitionnés pour le transport des troupes.Autocar Baron-Vialle qui, au début des années 20, assurait pendant l'été un service à Royat et se transportait, dès octobre, à Nice pour la durée de la grande saison touristique de la Côte-d?Azur qui se situait alors en hiver.Une publicité pour un appareil Tel de Zivy. Cette machine enregistrait la vitesse, l'heure et la durée des arrêts, ainsi que le chemin parcouru. En quelque sorte, l'ancêtre des actuels chronotachygraphes...