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N°169 - Avril 2017 N°169 - Avril 2017 Portrait d'entreprise Portrait d'entreprise Profession Profession > Standing Euro Tours / Coach Limousine Service 38 39 Du grand standing ! Standing Euro Tours et Coach Limousine Service font dans le transport de personnes « VIP » et « Classe affaire ». Nous avons rencontré Selçuk Sinan, président des 2 sociétés, pour faire le point sur son activité. Cela fait un peu plus d'un an que Selçuk Sinan est aux commandes de Standing Euro Tours dont les bureaux, parking avec ses beaux véhicules noirs (avec un grand logo reproduisant la Tour Eiffel) et atelier sont situés à Valenton (Val-de-Marne). Il a créé, avec Chaouki Sidhoum, Coach Limousine Service en 2009 (voir plus loin). Après le rachat de Standing Euro Tours, il a tout rapatrié dans la Zac « pour des raisons pratiques évidentes » dit-il. Les 2 sociétés cohabitent mais font le même travail : du transport VIP et Business sur Paris et sa région... Cet ancien chauffeur de chez Eschenlauer à Soufflenheim (Alsace) a toujours voulu conduire. « Je me suis arrêté après le Bac. J'avais toujours en tête des modèles de voitures, les plus imposantes, et puis il y avait ces grands cars, des Neoplan (il prononce « Neoplanne »). On les observait depuis l'auto de mes parents ». Conduite passion Il va faire des petits boulots et puis finalement, grâce au bouche à oreille, il se rend directement chez Eschenlauer. Nous sommes en 1998. « Je n'avais pas le permis D (à l'époque, il n'y a pas encore la Fimo) alors l'entreprise me fait passer le CFP M138 transport de personnes. Et après quelques mois en transport conventionnel, ils me lâchent à l'international ! C'était fantastique ». Il va conduire un Mercedes O303, puis un autre bi-turbo : « Celui-là, j'appuyais sur l'accélérateur et c'était une fusée ! » dit-il en souriant. Il fait du France- Maroc, se porte volontaire pour aller au bout de l'Europe avec des équipes de sportifs... Il fait ce métier durant un an avant d'atterrir chez Trans Val Europe à Marne-la-Vallée (filiale d'Eschenlauer) où il occupera divers postes à responsabilité pour en devenir directeur. Après le rachat de cette société par le groupe Salaün, il travaillera comme responsable commercial dans la toute nouvelle entreprise que vient d'acquérir le groupe breton pour du transport de personnes VIP : Standing Euro Tours. « Je m'y plaisais plus ou moins. A cette époque (2008), l'équipe dirigeante a des idées un peu décalées par rapport aux miennes. Je m'entends cependant très bien avec le grand patron, Michel Salaün (appelé gentiment « Papa »). Mais à Valenton, on n'est pas vraiment sur la même longueur d'ondes, sans doute parce que je suis plus jeune, et puis j'avais envie de voler de mes propres ailes, à ce moment-là, ou chercher à faire autre chose dans le transport routier de personnes... ». Rencontre décisive Selçuk Sinan rencontre un autre jeune entrepreneur, Chaouki Sidhoum, dirigeant des Cars Nedroma. En 2009, ils lancent ensemble Coach Limousine Service (CLS) avec trois véhicules neufs (1 Sprinter d'Eric Ammer Autocars, 1 Tourino et 1 Tourismo de Mercedes). Mais l'activité va si bien (pour info, CLS est née un an après le début de la crise économique mondiale !), qu'elle prend de l'ampleur. « Je ne voulais pas une grosse entreprise. Il ne fallait pas que cela dépasse 20 véhicules. C'était l'objectif que je m'étais fixé au départ ». Mais dans sa stratégie d'entreprise, il lui manque un « plus » : « Ce n'est pas simple de travailler avec les tours-operators et les hôteliers, même aujourd'hui. Je sentais bien que CLS n'avait pas le poids de Standing Euro Tours, du moins à leurs yeux... » Les deux associés tentent, une première fois, de racheter Standing Euro Tours à Michel Salaün : « Un plan pas du tout évident. Avec les attentats de Charlie Hebdo (janvier 2015), suivis de ceux de Paris (novembre 2015), j'ai failli dire ??Stop'' au projet. Cette période a été terrible à vivre ». Pourtant Selçuk Sinan se rappelle du rôle qu'a joué Standing Euro Tours après les attentats de Charlie : « C'était extraordinaire de voir qu'au milieu de centaines de policiers et de chefs d'Etat, le seul car autorisé à s'arrêter devant le Palais de l'Elysée était un Neoplan Cityliner de l'entreprise que j'ai rachetée un an après ! Cela m'a agréablement surpris, je dois dire ». Et l'équipe de Charlie reprendra cette image reproduite sous forme de dessin, avec le nom de l'entreprise en plus, dans un de ses numéros après-attentat. L'heure des choix En février 2016, c'est le grand jour : CLS, son patron et ses équipes, sans oublier les véhicules, emménagent dans les bureaux de Standing Euro Tours. Le jeune manager retrouve ses anciens locaux lorsqu'il était salarié de la société : « Il fallait donner un grand coup de peinture, ce que nous avons fait pour le confort des employés ça a été le premier gros changement. Après, ce fut au tour du parc de véhicules. De 40 cars et minis j'ai décidé de me fixer à 30 véhicules. De toute façon, j'étais conscient de la situation, nous étions dans le transport d'autocar de tourisme, en 2016, en pleine crise... ». Rénover, sélectionner, accroître la clientèle des ministères et des ambassades, s'adapter au mieux aux besoins d'une clientèle VIP avec des demandes de prestation très élevées (voir plus loin), c'est ce que va faire Selçuk Sinan et son équipe (40 à 50 salariés). Faire dans le transport VIP et Business réclame du doigté et de l'organisation : « Tout d'abord, les clients voyagent dans des véhicules qui ont un an, ils sont équipés de sièges en cuir, tables, wifi et prises USB individuelles ». Et il y a en plus la géolocalisation : « Ce n'est pas pour fliquer les chauffeurs, c'est pour rassurer les clients. Quand on nous appelle parce qu'ils ne voient pas le car, le fait de le situer sur une carte nous permet d'informer le client de l'endroit exact où il se trouve. C'est pratique et on gagne un temps fou. Je ne le cache pas non plus : nos chauffeurs font de longues heures d'attentes et travaillent en décalé, soit la nuit ou le week-end, mais en règle générale, il n'y a pas de turn-over chez nous. C'est vraiment un travail très agréable, avec des clients tout le temps habillés sur leur 31 ». Pour le confort des conducteurs, l'entreprise abrite une salle chauffeurs. Pour l'entretien courant, elle dispose d'un atelier intégré avec trois emplacements (et deux travées) pour accueillir des cars de toutes tailles. Bonnes perspectives Le début de cette saison se présente bien : les 100 ans de Vimy, des Japonais et des Américains qui reviennent à Paris (enfin) pour du tourisme d'affaire... Standing Euro Tours et Coach Limousine Service sont fins prêts pour assurer leur transport, même sur de courtes distances. « Nos clients ont la particularité de marcher le moins possible, c'est comme ça ! Nous mettons nos cars luxueux à leur disposition. Ils ont l'impression d'être dans leur salon chez eux, et c'est ça qu'ils apprécient » conclut Selçuk Sinan. • François GILBERT Photos Gilbert et X D.R. Les minicars sont des Mercedes Sprinter également équipés « Classe affaire ». Photos Gilbert PV ÉLECTRONIQUES - PARKING AUTOCARS PARIS « Encore beaucoup trop d'intolérance » Il y a toujours autant d'intolérance vis-à-vis des autocars de tourisme à Paris ou dans d'autres villes environnantes comme Versailles. Les PV pleuvent. Selçuk Sinan a beau analyser la situation, l'envoi systématique de PV à son entreprise est « incompréhensible ». « Je constate que rien n'a changé, même après la grosse manif des autocaristes de décembre dernier. Je me demande même si les agents de la préfecture de police de Paris ne le font pas exprès, désormais, de verbaliser mes chauffeurs - alors qu'ils sont au volant de leur véhicule, donc en position de travail et de conduite - pour leur plaisir, histoire de distribuer des PV. Je suis découragé, je suisdune personne calme, mais là je suis KO face à cette situation ». La pose et le chargement des clients, l'arrêt momentané du car seraient-ils placés dans la case « zéro tolérance » de la police ? Il semble bien que oui. « Ils veulent nous forcer à prendre des tickets de parking. Moi, dans certains cas, je refuse. Lorsque c'est prévu avec le client, là oui, mais sinon qu'est ce qui empêche un autocar de déposer ou charger ses clients ? Dans toutes les villes du monde ça se fait naturellement... Notre car doit se déplacer de toute façon, mais mes clients exigent d'être à proximité du lieu de dépose et de chargement avec le car, je dois m'y plier, c'est comme ça ! ». Et de soutenir que « cette situation est dramatique. Plus la mairie de Paris et la préfecture feront la guerre aux autocars, moins il y aura de touristes de type business. Vous ne trouvez pas que cela va dans le sens contraire de ce que souhaite tout ceux qui se battent pour attirer les touristes dans la capitale ? ». Bien évidemment, nous soutenons et défendons tous les autocaristes dans le même cas. - FG Photos archives Sinan / X D.R.