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N°185 - Février 2018N°185 - Février 2018RécitRétro4445Le Berliet PGRPetit frère du PCMAu premier coup d'œil, le PGR paraît agile. Il est le seul à présenter d'aussigrandes portes dans une longueur de 9 m (source : Fondation Berliet).En 1965, les Parisiens découvrent de nouveaux autobus Berliet PCM et Saviem SC10 très modernes, mais aussi plus longs que ceux des années 30 qu'ils remplacent. Ils sont si longs qu'ils auront du mal à passer partout !Au début des années 60, et ce n'est pas nouveau, la circulation dans Paris est un cauchemar. Il n'est pas encore question de voies réservées et l'idée de ne voir que des autobus de 11 m se substituer aux anciens qui en faisaient 9,15 m ou 9,75 m, effraie la Préfecture de Police, qui les imagine bloquer la circulation aux bifurcations ! La RATP finit par admettre la pertinence d'un autobus moins encombrant que les SC10 et PCM. Déjà, en marge du standard, l'autobus à étage Berliet PCMRE, longs de 9,83 m, va dans ce sens. Moins long, moins large et moins cher !On imagine alors supprimer l'étage du PCMRE, une réponse incomplète dans la mesure où la largeur resterait à 2,50 m. Verney, également consulté pour une nouvelle fourniture de RU, à moteur Berliet ou à Perkins, ne peut non plus réduire sa largeur de 2,50 m. Quant à Saviem, sa capacité industrielle ne lui permet pas d'être aussi compétitive que Berliet sur ce projet.Berliet propose alors une version réduite du PCM, mais sans le moteur Man couché sous le conducteur. Paul Berliet veut éviter de se fournir chez son rival Saviem, désormais importateur exclusif des moteurs Man. Le moteur sera donc un Berliet 4 cylindres vertical positionné à l'avant dans l'axe, le M420.30 de 5,88 l (120x130), développant 120 à 130 ch. La boîte de vitesses est une Wilson semi-automatique à 4 rapports au milieu du châssis. Le pont arrière est aussi une adaptation de celui surbaissé du PCM. La suspension mixte comprend des lames d'acier traditionnelles ainsi que 4 coussins pneumatiques à l'arrière et deux à l'avant. La caisse, en aluminium, est d'un design proche de celui du PCM avec le fameux pare-brise bombé cylindrique. Elle est longue de 9 m hors-tout et large de 2,25 m, avec les mêmes grandes portes que le standard. Le plancher est aussi à 65 cm du sol. Le véhicule prend le nom de PGR, le « P » étant le préfixe de tous les cars et bus Berliet, « GR » pour « Gabarit réduit ».A part son moteur, le véhicule conserve tout du standard et le projet enthousiasme la RATP, d'autant que Berliet est parvenu (le 5/8/1966) à un prix très (trop ?) serré de 122 478 F HT ( sur la base de 100 unités, quand un PCM en vaut 243 000, un SC10 235 000 et un PCMRE 247 300 (respectivement 18 700, 37 000, 36 000 et 37 800 euros). Berliet y laissedes plumesLe prototype est mis en service à Paris du 28 novembre 1968 au 9 janvier 1969, à la suite de quoi la RATP commande le 4 avril une première tranche de 100 autobus, puis une autre de 460, histoire de bénéficier du prix sur la totalité. Avec le prototype qu'elle conserve, cela lui en fera 561. Ils sont tous aménagés à un agent en 45 places, dont 28 assises, sur banquettes deux places côté gauche et individuelles côté droit, auxquelles s'ajoutent normalement 17 debout, bien plus aux heures de pointe. Mais les PGR vont coûter cher à Berliet, pas seulement à cause d'un prix sous-évalué. La RATP a fixé des pénalités de retard élevées. Alors que 76 PGR devaient être livrés fin mai 1970, seulement 61 l'ont été. A ce retard de production, s'ajoutent les pénalités pour immobilisation sur panne. L'addition, fin mai 70, s'élève déjà à 400 000 F (61 000 €). Ces pannes, ce sont des ruptures de pieds de sièges, de supports de compresseur, de supports de moteur. Car le 4 cylindres est non seulement bruyant, il fait vibrer la voiture et amplifie les sollicitations. A cela s'ajoute un ralenti défaillant. Ce moteur convient très bien sur les camions GAK et Stradair qui font de la route, moins sur un bus qui ne fait que démarrer et s'arrêter. Le PGR bat le record du nombre de pannes aux 10 000 km, 1,583, contre 0,663 pour le Saviem SC10 et 0,989 pour le PCM. Les défauts seront corrigés en service après-vente et sur les neufs à partir du numéro 64.Avec l'introduction de la carte orange en 1975, les Parisiens reprennent goût à l'autobus. Devenu trop petit, le PGR laisse sa place à de nouveaux SC10, quitte à supprimer des places de stationnement sur les itinéraires difficiles. Les derniers PGR en service à Paris ou en banlieue, seront réformés en 1983.Le PGR 70 La RATP n'est pas la seule à rouler en PGR. 15 identiques ont été livrés à Marseille en 1970. Berliet entend bien poursuivre la série au-delà de la commande RATP, achevée en décembre 1971. Le marché existe en Province, les ventes de Saviem SC6 (8,79 m, 63 places) et de Berliet PAK (7 m, 45 places), pourtant des variantes d'autocars à portes étroites, en attestent. Le modèle proposé se différencie de celui de Paris et des premiers Marseillais par un aménagement de 19 places assises et 47 debout, soit un total de 66 d'où le nom de PGR 70 (places).La ville de Troyes sera le plus gros client en PGR avec 7 acquis neufs entre 1971 et 1973, derrière Paris et Marseille qui en ajoute 12 en 1971 pour atteindre un total de 27. Suit Rodez avec 3 mis en service en avril 1972. La série est arrêtée en juillet sur un total de 606 unités. Beaucoup de ceux de la RATP connaîtront une seconde carrière en Province, à Albi, Carcassonne, Le Mans, Tours, Troyes, Valenciennes, Versailles... et même dans la Police. 4 au moins sont préservés : à la RATP, à l'Amtuir, à la Fondation Berliet et à Autocars Anciens de France.Benoit GRUHIERBerliet a conservé le concept du standard PCM, à savoir uncarrosserie préassemblée, posée sur un châssis équipé(source : Fondation Berliet).Le châssis du PGR est la réduction en longueur et en largeur de celui du PCM. L'autre différence est le moteur, cette fois vertical entre les longerons.A la RATP, l'implantation standard est de 22 places sur banquettes, 6 sur sièges individuels, et 17 debout, soit un total de 45.Le poste de conduite est identique à celui du standard, à l'exception du volant, plus petit, et de la commande de boîte, une manette au lieu d'un levier.Photos archives GruhierLa ligne 67, Pigalle-Porte de Gentilly est l'une de celles oùl'introduction de la carte orange au profit de l'autobus conduirale remplacement du PGR par un standard plus spacieux.Récit · Berliet PGR, petit frère du PCMTemps maussade ce jour de décembre 1971 où 2 PGR de la ligne 66 Opéra-Square de Batignolles, se retrouvent au terminus de l'Opéra.Photos archives GruhierLa RTVM met en service à Marseille d'abord 15 PGR en 1970, puis 12 en 1972.Photo J-H Manara, collection FourneretDeuxième ville de province à rouler en PGR, Troyes acquiert 7 PGR neufs et 2 d'occasionde la RATP.