presentationequipeabonnementboutiquepubcoteContact

Profession 34 35 N°186 - Mars 2019 N°186 - Mars 2019 Monddia France Paris à Magnanville (78) Confort et qualité, sa priorité Fils de conducteur, Antonio Faria a transformé l'entreprise familiale en une TPE dynamique prônant des transports de haut confort et de qualité. Récit. Le transport, Antonio Faria dit avoir « toujours baigné dedans », à cause de son père, Manuel, un ancien des Autocars Tourneux à Rosny-sur-Seine. Il est, depuis, à la tête de la société familiale. Etablie à Magnanville, près de Mantes-la-Jolie, Monddia France Paris a connu des jours meilleurs, surtout lorsqu'il avait décroché un contrat de transport de jeunes handicapés, de 1993 à 2009, qui avait permis à la société de prendre son envol? C'était du transport de type « ligne-scolaire » avec 6 véhicules? France Voyage « Mon père étant conducteur, j'avais envie, un jour, de travailler dans le car », raconte Antonio Faria. Il fait un BTS en études de mécanique automatisée industrielle, rien à voir avec le transport « mais ça m'a permis de m'ouvrir beaucoup plus sur la mécanique et dans une très petite entreprise comme la mienne, il faut rapidement savoir intervenir sur ses cars pour éviter des immobilisations inutiles ». Il crée avec sa s?ur et son père France Voyage. Objectif : proposer des voyages organisés et concoctés maison. Manque cependant l'autocar ! « J'achète un E 310 Drögmoller d'occasion parce que je souhaitais avant tout du confort. Pour moi, on ne peut pas faire du tourisme dans ce que tout le monde appelle des ??mixtes interurbains''. Les clients, encore aujourd'hui, s'ils pouvaient continuer de voyager dans des cars-couchettes, ils le feraient ! analyse Antonio. Suivent un Setra 215 HD, un Mercedes-Benz Tourismo? On faisait du Portugal, du Lourdes, on allait partout? ». Avec le contrat de l'Institut médico éducatif (IME) pour les jeunes handicapés, la société a maintenant une bonne flotte, jusqu'à 5 cars et 3 minibus. 2009 marque le coup d'arrêt de cette aventure IME. « Je ne l'ai pas bien vécu, j'ai souhaité repartir sur autre chose. On s'est battu. Et avec l'aide des conducteurs, nous avons redonné un nouvel élan à la société et une nouvelle orientation aux voyages ». Priorité au tourisme Ce qui est dit est fait : sous le nom Monddia France Paris, dont le logo principal sur la partie médiane du car est un immense globe terrestre, c'est l'Europe, mais aussi des destinations France, avec le 3e âge, et le réceptif à Paris avec des touristes étrangers qui deviennent le c?ur de son métier? « Nous travaillons toute l'année avec une reprise de l'activité qui est très forte à partir d'avril. J'ai encore deux cars-couchettes, mais ils devront être changés pour cause de réglementation, ce sera désormais de la sellerie de type Royal Class, inclinable avec repose-jambes, offrant un espace entre les sièges de près de 1 m ». Monddia France Paris dispose aujourd'hui de cars de 13 m, d'un tout nouveau Van Hool Altano en 66 + 1 UFR + 1 (ou 68 + 1), de 3 Mercedes Tourismo et 1 Travego également et d'un deuxième Van Hool, un Alicron. « Nous proposons des prestations élevées. Vous voyez le type de sièges : ils sont larges, enveloppants et confortables, parfait pour de longs trajets, poursuit Antonio Faria, l'important c'est que les clients soient 100 % satisfaits ». Entretien préventif Avec le recul et les connaissances mécaniques, Antonio Faria fait beaucoup dans ce qu'il appelle « l'entretien préventif ». « C'est normal sur les autocars, il y a des équipements plus faibles, et d'autres, moteur et boîte où je n'ai jamais eu de problème. Un tuyau de refroidissement, une isolation de compresseur, ça c'est malheureusement sources d'ennuis si on ne se penche pas dessus, alors, on intervient avant de partir en voyage ». Pour le reste, l'entreprise a pour politique de toujours prendre des extensions de contrats de garantie de 3 ans « ce qui nous permet de faire jouer la garantie sur des pièces importantes tels que des défauts au niveau du pont ». Autre point, les puissances moteur : « On est sur du 399 ch, j'ai remarqué que c'était un peu plus mou avec du Euro 6 par rapport à Euro 5, mais ça va ». Enfin, Antonio Faria est plutôt inquiet pour le type de véhicule dans l'avenir : gaz ou électrique ? « Les centres-villes deviendront petit à petit interdits aux cars diesel, ça nous le savons, avec la FNTV Ile-de-France, on se tient au courant de ce dossier hautement politique, mais c'est ce qui m'inquiète : avec quoi va-t-on rouler demain ? Que vont proposer les constructeurs ? ». Plutôt convaincu par l'adoption de systèmes hybrides, « la meilleure solution » selon lui, Antonio Faria ne voit pas comment les constructeurs pourront proposer un car de grand tourisme « propre » : « Ici, on n'aura certainement pas une station de gaz tout de suite, et l'électrique, on aura de la peine avec l'autonomie de 200 km maxi, il nous en faut trois fois plus ! Il faut des infrastructures, ça coute très, très cher ». Conclusion : les énergies alternatives dans le car de tourisme, « ce n'est vraiment pas pour tout de suite à moins que le biodiesel (HVO)* devienne une référence ce qui permettrait de continuer de rouler avec des cars diesel propre » conclut Antonio Faria. François GILBERT * Le HVO, ou huiles végétales hydrogénées, correspond à un gazole de synthèse, qui coûte un peu plus cher à la pompe ou à la cuve, mais qui permet de diminuer drastiquement les émissions polluantes du diesel. Portrait d'entreprise Photos Gilbert Portrait d'entreprise - Monddia France Paris